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L'INFORMATION, sous-menu :

Une exposition tactile au Musée d’Aquitaine

L'accessibilité à la culture pour les non-voyants est une préoccupation majeure des acteurs du monde associatif. À ce propos, il est important de mettre en valeur les initiatives telles que l'exposition du Musée d'Aquitaine intitulée « Mon Caillou, Création d'un livre tactile », où voyants et non-voyants se côtoient pour découvrir l'ère préhistorique du bout des doigts.

Présentation du livre tactile

Au départ, Mon Caillou est un livre sur la préhistoire pour les enfants, tout à fait classique (Xavier L’Homme et Fumi Ogasawara, éd. L’Hydre, 2005). En 2006, à l'initiative de la bibliothèque de Périgueux et du professeur Cécile Collinet, les élèves de l'école Saint-Front de Périgueux ont réalisé un exemplaire de l'ouvrage sous forme tactile, à destination des enfants non-voyants tout comme des enfants voyants.

Les objectifs du projet sont de faire travailler les enfants sur la compréhension du handicap visuel et de proposer aux enfants malvoyants un album de découverte de la préhistoire. Le livre tactile a été réalisé avec des feuilles thermoplastiques. Chaque dessin est en relief et les jeunes élèves y ont apposé les matériaux correspondants : cheveux, cailloux, bois, peau de renne, etc. Au-delà du simple relief, le lecteur peut apprécier la sensation réelle d’un morceau de silex ou de peau sous ses doigts. Le texte est réalisé en caractères classiques en relief, et en braille.

Un non-voyant explorant les peaux et les cuirs de ses doigts

En 2006, la bibliothèque de Périgueux avait fait une exposition autour de ce livre et de l’histoire qu’il raconte, exposition reprise et adaptée cette année par le Musée d’Aquitaine. Okami, un petit garçon préhistorique, ramasse un caillou vert et en découvre l’utilité au cours du livre : tailler du silex, râper des peaux, graver la pierre… autant d’activités que les lecteurs découvrent en parcourant l'ouvrage. À chaque phase de l’histoire correspond une activité tactile. Ainsi les visiteurs ont le plaisir de toucher du silex, trouer de la peau, graver de la pierre, ou encore toucher un manteau en peau de renne. Unique et fragile, le livre est protégé derrière une vitre, le Musée ne pouvant pas se permettre de le laisser à portée de tous.

Des initiatives à encourager

C’est aussi grâce à l’implication d’associations comme Valentin-Haüy ou Les Doigts qui Rêvent que ce projet a vu le jour. Des associations qui se battent, tout comme l’UNADEV, pour que la culture soit accessible à tous. « Il s’agit d’un premier pas vers une réflexion sur l’accessibilité », nous explique Vincent Mistrot, responsable de la Préhistoire au Musée d’Aquitaine. Il désire à présent proposer les activités tactiles dans les expositions permanentes : découverte de matériaux, maquette tactile… Il y a tout de même un bémol, c’est que ces adaptations sont coûteuses et fragiles, tout comme le livre unique de Périgueux.

Quelques extraits du livre tactile

D’autres musées font des aménagements durables pour les handicapés. Il existe même un concours : « Des Musée pour tous ». Cette année, le Ministère de la Culture a récompensé deux gagnants : le musée d’Histoire de Nantes et le musée Ernest Cognac de Saint-Martin-de-Ré. Ces établissements proposent des parcours sensoriels, des maquettes et des programmes audio aux non- et malvoyants.

Ajoutons que les visites sensorielles ne sont pas destinées qu’aux non-voyants, d'où leur intérêt. Chaque visiteur peut participer, plus rien ne sépare les valides des handicapés.

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