L'accessibilité à la culture
Les attentes en termes d’accès aux œuvres sont diverses : toucher (œuvres originales ou maquettes), conférences dans un monument ou sur un parcours d’œuvres peintes ou non accessibles au toucher, audio-description (spectacles, films…).
L’amblyopie est un terme général désignant, après toutes corrections, un degré de vision (acuité visuelle ou champ visuel) très médiocre, inférieur à 4/10, au moins dans certaines conditions. Il convient de préciser que les mesures d’acuité sont faites dans des conditions standard ayant peu de rapport avec l’environnement réel et l’aptitude fonctionnelle du sujet. Elles ne suffisent pas à définir les déficiences et les conditions handicapantes, qui ne se réduisent pas au seul rapport taille/distance. La nature et le degré des déficiences sont multiples et les handicaps sont très variables selon l’individu et les conditions environnantes.
Parmi les nombreuses déficiences visuelles, citons par exemple : vision floue, bonne vision dans des fourchettes de distances réduites, champ rétréci ou entrecoupé, difficulté de balayage du regard, vision réduite en forte luminosité ou en pénombre, sensibilité aux variations brusques de lumière, absence de relief, absence de couleurs...
L’amblyopie est un handicap qui peut passer inaperçu : regard totalement « voyant », allure non hésitante, vision de très petits objets, sans ou avec port de lunettes. Les personnes déficientes visuelles ont souvent des difficultés de latéralisation et de repérage dans l’espace, de perception de l’espace et du mouvement à divers degrés. Leur appréhension de l’information est séquentielle, du fait de leur vision non globale, et souvent partielle au premier abord. Évidemment, elles éprouvent aussi des difficultés de lecture (panneaux d’orientation, d’informations, cartes, etc).
Pour ces personnes, l’orientation et l’accès au contenu sont facilités par l’utilisation de maquettes et objets à toucher, d’informations sonores, de textes bien éclairés et bien contrastés, et du braille. Dans le cadre de la malvoyance, le reste de perception visuelle doit être privilégié. L’envie de toucher n’est pas systématique. Il existe des situations très diverses, qu’il s’agisse de personnes aveugles de naissance, aveugles tardives ou avec un reste de perception visuelle. Pour les aveugles de naissance, le braille et le toucher sont indispensables. Quant aux personnes aveugles tardives ou avec un reste de perception visuelle, elles s’appuient sur des références visuelles acquises (couleurs, composition, etc) et apprécient le discours.
La maquette tactile
Une maquette tactile est une représentation partielle ou globale d’une œuvre, d’un objet, d’un monument, de certains détails. Elle doit répondre à des critères de lisibilité tactile et visuelle. Les maquettes sont réalisées avec différents matériaux, offrant ainsi des aspects au toucher varié. Le recours aux maquettes tactiles a pour but d’aider à mieux identifier et appréhender des œuvres, des objets, des monuments. Proposant une autre approche, par la vue et le toucher, la maquette tactile peut accroître l’attractivité d’un lieu.
La maquette doit répondre aux caractéristiques suivantes : réalisée en 3D, à dimension « humaine » (de façon à ce que la restitution mentale de la découverte tactile soit plus aisée), avec des matériaux choisis pour leur rendu thermique et tactile, elle doit traduire la réalité de l’édifice ou de l’objet, respecter le détail des couleurs, des matériaux, des formes architecturales. La maquette tactile propose une représentation épurée de l’œuvre ; des déclinaisons des détails peuvent être réalisées si nécessaire. Il doit être possible de suivre les contours et les formes des œuvres et objets présentés sans aucun risque. Il convient donc de neutraliser toute partie saillante. Différentes couleurs peuvent être utilisées : pour les personnes malvoyantes, la couleur a en effet un rôle fonctionnel. Parallèlement, la mise à disposition d’échantillons des matériaux utilisés pour l’œuvre originale est souhaitable. Une approche tactile des matériaux de construction de l’édifice, de fabrication de l’œuvre, complète ainsi la découverte.
Destinée à tous publics, et notamment aux enfants, la maquette tactile est à la fois une aide et un outil pédagogique. Elle est également adaptée aux personnes présentant une déficience intellectuelle et/ou psychique. Elle est essentielle pour les personnes aveugles ou présentant une déficience visuelle, qui peuvent ainsi construire une image mentale de l’œuvre perçue par le toucher, et échanger avec les autres visiteurs.
On trouve aujourd’hui des maquettes tactiles dans de nombreux sites. À titre d’exemple, citons à Paris le musée du Louvre, la Cité des Sciences et de l’Industrie, le Muséum National d’histoire naturelle, ou encore la cathédrale de Bourges, dans le Cher.
Le téléagrandisseur, la loupe électronique
Le téléagrandisseur se présente en général d’un seul tenant (écran, boutons, clavier). Il permet à une personne amblyope de lire plus facilement tout type de support papier, l’appareil se réglant en fonction de la vue et du type de document à lire. Les images et les textes sont agrandis sur l’écran afin que la lecture se fasse dans les conditions de confort et d’aisance nécessaires à la compréhension et au plaisir. Il est facile à utiliser et donc accessible même aux usagers les moins avertis en informatique. La manipulation simple de quelques boutons suffit pour consulter les documents (fonction « zoom texte » par exemple, avec ou sans synthèse vocale).
En bibliothèque, cet outil permet de consulter livres, journaux, de regarder des photos ou des dessins. Il peut être portable, fixe, ou disposé sur une table à roulettes dont la hauteur est réglable (système conseillé aux bibliothèques). Certains appareils sont munis de caméras fixes et de plateaux mobiles, d’autres possèdent des caméras manuelles que l’on déplace sur le document.
La loupe électronique est un appareil portable de grossissement des caractères. Elle facilite la lecture des informations inscrites sur tous les panneaux (circulation, expositions…), notamment en hauteur, ou dans un caractère trop petit ou mal contrasté. Elle permet par exemple aux lecteurs malvoyants circulant dans une bibliothèque en libre accès de consulter les couvertures et les tables des matières des ouvrages sans avoir à revenir au téléagrandisseur.
Le téléagrandisseur et la loupe électronique sont destinés aux personnes malvoyantes ou non-voyantes.
Certains lieux publics, certaines bibliothèques (bibliothèques municipales de Montpellier, Bordeaux, Bibliothèque Nationale de France) sont équipés de matériel informatique de lecture adapté aux handicapés visuels. Le tout est de savoir si ces possibilités seront un jour accessibles à toute personne déficiente visuelle et ce, quelle que soit sa situation géographique.
La déficience visuelle concerne les personnes aveugles (non-voyantes), les personnes amblyopes (malvoyantes) et celles dont la vue a fortement baissé, notamment les personnes âgées. Légalement, la cécité désigne un degré de vision centrale de loin inférieur à 1/20.
David Ferreira



