La déficience visuelle en maternelle
La maternelle est le premier lieu de socialisation et d’apprentissage de l’autonomie pour l’enfant. Pour les parents d’un enfant atteint de déficience visuelle, entre école dite « normale » et école spécialisée, quelle solution choisir ?
Apprendre la vie à son rythme
Les écoles spécialisées accueillent des enfants souffrant de non- ou malvoyance. Un équipement adapté, du matériel éducatif adéquat et du personnel spécialisé, cela semble être la meilleure solution pour ces parents souvent démunis face à la maladie. Apprentissage du braille et de la locomotion, le handicap de l’enfant est pris en charge dans son intégralité. Profitant de méthodes personnalisées, l’enfant s’épanouit dans un milieu qui le comprend et qui lui est approprié. Face à cette question, certains parents voient dans ce type de structure un moyen de renforcer les disparités entre le monde des voyants et celui des non-voyants, pouvant entraîner une souffrance psychologique lors de la « confrontation ». Entre assistance et autonomie, des familles ont trouvé un compromis : l’enfant apprend à vivre avec les spécificités liées à son handicap (lire, se déplacer…) dans une école spécialisée, pour ensuite intégrer une école « traditionnelle ».
Un enrichissement mutuel
Volonté de normaliser le handicap du jeune ou de le familiariser au milieu des voyants, les parents cherchent le plus souvent à intégrer leur enfant dans une structure normale. Malheureusement, peu de maîtres d’école se sentent suffisamment armés pour faire face au handicap, qu’ils craignent de ne pouvoir gérer. Lorsque l’enfant est accepté dans une école traditionnelle, il suit le même programme que sa classe, soutenu en individuel par un enseignant spécialisé qui l’accompagne dans son éveil et adapte les jeux et les leçons. Ce soutien personnalisé permet à l’enfant d’avancer plus vite et sans pression. Il est également au contact d’enfants voyants, qui l’intègrent à la vie collective. L’enfant s’épanouit et prend conscience du monde qui l’entoure.
Entre « intégration » et « insertion » : un travail d’équipe
L’enfant doit être écouté et bénéficier de ce qui lui convient le mieux. Une volonté très poussée des parents visant à intégrer à tout prix leur enfant dans une école normale peut être mal vécue par celui-ci et mal acceptée par le personnel encadrant, qui ressent ce placement comme une insertion forcée. Une bonne communication et un travail d’équipe entre les parents, le maître et l’enseignant spécialisé, ce sont les conditions sine qua non pour un apprentissage efficace et un enrichissement réel pour l’enfant.
Mathilde van Eeckhout
Vous pouvez trouver davantage d’informations, de témoignages et activités sur les sites suivants : www.enfant-aveugle.com et www.blindlife.ch



