Le handisport a le vent en poupe
Les quatre navigateurs de l’équipage français UNADEV-BENETEAU ont rempli leur contrat en terminant le championnat du monde de voile pour non-voyant en 5ème position, au milieu du classement mondial. C’est à Rotorua, en Nouvelle-Zélande, que ce sont déroulées les 15 manches de cette 7ème compétition.
La première victoire a été de réunir les fonds pour participer à l’évènement. Ce ne fut pas chose simple mais ce n’est qu’un mois avant le départ que tous les fonds furent réunis grâce à l’engagement de l’UNADEV, de la Fondation BENETEAU, du Centre ALIENOR et de Csoukha. Est-ce la crise ou une méconnaissance du handicap qui a empêché les dons ? Peut-être un peu des deux. Les navigateurs espèrent qu’un jour les partenaires se bousculeront pour financer de tels projets.
Le premier entraînement à Rotorua a eu lieu le vendredi 13 mars. L’équipage est formé de deux non-voyants, Olivier Brisse et François Gouezigoux, et de deux voyants, Gwendal Géguan et Laurent Gouezigoux. Ils découvrent leur bateau qu’ils décrivent comme « bien conçu, léger et très réactif ». Les quinze manches se succèdent avec plus ou moins d’intérêt et de résultat. Les changements de vent et les manœuvres entre les différents bateaux rendent la tâche difficile par rapports aux entraînements de Saint-Quay-Portrieux (Bretagne).
Un sport de sensations
Olivier Brisse, notre détenteur du record du Monde de planche à voile (lien vers article précédent sur le record du monde ?), qui a perdu la vue il y a neuf ans, explique que les sensations sont décuplées et que la perte de la vue est compensée, il est plus sensible au vent sur la peau, aux bruits…Gwendal Géguan le renseigne sur le visuel, mais c’est Olivier qui fait tout le reste.
François Gouezigoux nous explique que les mouvements du voilier peuvent être ressentis sur le corps et c’est un précieux renseignement quant aux mouvements et aux « tensions » du bateau.
Entre les équipiers valides et non-voyants, une totale confiance s’est installée, tout comme certains reflexes du langage. Toute précision des valide sur ce qu’il se passe autours doit être concise et précise, ça fait aussi parti de l’entraînement. Les règles du championnat sont claires : les navigateurs valides ne doivent aider les non-voyants que par la voix. Les voiliers sont donc manœuvrés uniquement par les déficients visuels, un véritable exploit sportif.
« Le premier défi est d’effacer les barrières et de montrer qu’avant d’être des handicapés, nous sommes des personnes à part entière et que nous voulons être considérés comme telles », nous explique l’équipe.
Thomas PASCAUD
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