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Profession A.V.S.

Le métier d'Auxiliaire de Vie Sociale

Cécile Lacoste, 37 ans, est Auxiliaire de Vie Sociale auprès de personnes handicapées visuelles. Nous l’avons interrogée sur sa pratique professionnelle afin d’en savoir plus sur l’un des dispositifs essentiels d’aide à la personne permettant notamment le maintien à domicile. L’occasion de prendre conscience d’un phénomène urgent : le vieillissement de la population, qui, combiné au handicap visuel, pose le problème de la prise en charge, tant humaine que financière.

Cécile, pourquoi avoir fait ce choix de métier ?

Il faut certainement revenir sur mon passé. J’ai toujours voulu m’occuper des autres. J’ai commencé par une formation en esthétique mais j’ai ensuite travaillé pendant quinze ans dans le commerce. J’avais la responsabilité d’un magasin et le contact avec les clients était pour moi très important.

Quand j’étais plus jeune, j’ai eu l’exemple de mes grands-parents qui étaient handicapés. Il était difficile de trouver quelqu’un pour les accompagner dans la vie courante. C’est certainement un des éléments qui m’a motivée pour exercer mon métier actuel.

Un jour, j’ai décidé de changer d’orientation et je me suis engagée dans une formation d’auxiliaire de vie sociale à l’INFA à Bordeaux (Institut National de Formation et d’Application). Faire ce métier impliquait l’acquisition de compétences nouvelles, car la simple bonne volonté ne suffit pas. Je suis d’un naturel très sensible et j’avais peur de perdre mon esprit critique. Il faut pouvoir rester objectif dans l’évaluation des besoins de la personne que l’on accompagne. Il y a aussi une obligation de diplôme pour exercer.

Parlez-nous un peu des missions que vous assurez.

Les missions sont multiples. Tout commence par l’écoute. Nos adhérents sont souvent des personnes âgées, un peu isolées, non-voyantes ou malvoyantes, et notre présence est un véritable soutien moral. Avant tout, il y a « échange ». La personne nous parle, se confie, nous fait part de ses souhaits, de ses inquiétudes et de ses envies.

Ensuite il faut comprendre que nous devons stimuler la personne afin qu’elle reste autonome, qu’elle soit « acteur » de sa propre vie. Et c’est ce qui nous différencie de l’aide ménagère. Nous aidons la personne à réapprendre les gestes quotidiens. Nous essayons de ne pas faire à sa place dans la mesure du possible. Prenons le cas des courses. C’est l’occasion de faire travailler la mémoire, pour vérifier ce qui reste dans le réfrigérateur, pour préparer les prochains menus, et donc la liste des commissions. Évidemment, je vérifie les dates de péremption sur les emballages. Ensuite il y a ceux que j’accompagne dans les magasins. Je les aide à repérer les produits, à lire les étiquettes, j’indique la place de la signature sur le chèque et je les incite à parler à la caissière. D’autres préfèrent garder le peu de mobilité qui leur reste pour des promenades avec moi. Dans ce cas je m’occupe de leurs courses. C’est la même chose pour le ménage : il vaut mieux aider à faire un lit que le faire à la place de la personne. Notre aide vise surtout à compenser le handicap.

Vous occupez-vous des papiers administratifs des adhérents ?

Je m’occupe du courrier, personnel et administratif, de la banque, du règlement des factures… Vous imaginez la relation de confiance qui doit s’établir entre l’adhérent et l’auxiliaire de vie sociale, car nous rentrons totalement dans leur sphère privée. C’est un des aspects passionnants du métier. Nous devons régler des problèmes nouveaux, cela implique une grande ouverture d’esprit et une responsabilité.

Un autre aspect de mon travail se situe dans le domaine du loisir. Promenades, visites diverses, lecture du journal ou de livres, parler, écouter… C’est aussi un coup de main dans le domaine de l’esthétique : choix des vêtements, de la coiffure, du maquillage pour les femmes… Autant d’activités importantes parce que valorisantes. Pouvoir « se faire beau » est vraiment nécessaire pour les personnes que j’accompagne.

Combien de temps consacrez-vous en moyenne à une personne ? Et combien cela leur coûte-t-il ?

En moyenne, nous accompagnons les personnes deux à trois fois par semaine à raison de deux à trois heures par jour. C’est variable, et cela dépend de la demande. Heureusement l’UNADEV prend en charge une partie de la facture pour ses adhérents sur tout le territoire national. Le volume de l’aide n’est pas déterminé par des critères de ressources mais bien par rapport à un vrai besoin de la personne.

Certains profitent de ma venue pour générer un rituel – avec une adhérente, on fait les courses tous les jeudis. D’autres sont plus souples dans leur demande. Ce qui est important, c’est que la relation soit évolutive. Je dois repérer les progrès réalisés par l’adhérent en termes d’autonomie et j’essaie à chaque séance de trouver des activités qui leur permettent d’évoluer et de s’épanouir.

Quel est votre bilan personnel ?

Au bout de deux ans d’expérience, je suis très satisfaite de pratiquer ce métier d’auxiliaire de vie sociale. Je le conseille aux personnes qui souhaitent « s’occuper des autres ». Dans mon cas, le fait d’avoir travaillé pendant quinze ans dans le secteur du commerce m’a beaucoup aidée car j’avais développé des compétences dans le domaine de l’organisation et des relations humaines. La formation m’a ensuite beaucoup apporté en rigueur et en méthode, car il s’agit d’un vrai métier et non pas d’une activité professionnelle temporaire.

Propos recueillis par Jean Philippe Cros

Le service des auxiliaires de vie sociale de l’UNADEV couvre toute la France.

En 2009, il participe au financement de 90 000 heures d’auxiliaires de vie.

Toutes les personnes intéressées doivent prendre contact simultanément avec une structure d’aide située à proximité de leur domicile et avec le service de l’UNADEV (Tél. 0811 703 300 Service Auxiliaires de Vie)