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L'INFORMATION, sous-menu :

I have a dream...

Elle s’essuya les yeux, elle était fatiguée de taper à l’ordinateur. Certes elle était en retard, et Josiane, son agent littéraire, commençait à perdre patience, mais elle avait du mal à s’y mettre. Elle avait déjà écrit 30 pages de son troisième roman en 10 jours. Les vacances étaient loin et la séparation d’avec Marc n’avait pas arrangé son moral.

Elle allongea ses jambes sous la table, prit sa tasse, mais le café était devenu froid depuis longtemps. Elle regarda dehors. Il commençait à pleuvoir.

Un toc-toc dynamique fut frappé à sa porte.

- Ça c’est Marie !

Romane se dirigea vers la porte d’entrée et l’ouvrit.

- Salut ma belle.

Une femme d’une cinquantaine d’années se précipita sur Romane pour lui claquer deux énormes bises, puis se précipita dans le fauteuil en velours rouge.

- Voilà, je suis revenue ! Je t’ai manquée, hein ?

- Bien sûr que tu m’as manquée. Alors comment c’était ce colloque sur les nouvelles tendances de la mode ?

- Génial ! Je me suis éclatée comme une folle, en plus il y avait le patron d’une boîte de Milan qui m’a fait découvrir Rome d’une façon merveilleuse.

- Je vois ! Tu as encore fait des folies de ton corps !

Romane se dirigea vers le placard à apéro car elle savait que Marie aimait bien discuter autour d’un verre.

- Tu veux un whisky ?

- Oh oui ! Avec plaisir ! Tiens...

Marie sortit un paquet de son sac en cuir blanc avec des cœurs rouges, sa dernière création.

- Oh ! merci ! C’est quoi ?

- Des véritables gressins d’Italie.

- Génial, répondit Romane en apportant deux verres, la bouteille de whisky et une canette de coca, car si Marie aimait son whisky sec, Romane adorait le whisky-coca, cela lui rappelait sa jeunesse.

- Raconte-moi un peu, t’as pas trop le moral dans les chaussettes depuis le départ de Marc ? demanda Marie en servant l’apéritif.

- Bah ! disons que je me remets petit à petit de cette déchirante séparation.

Romane s’était assise à côté de Marie et imitait une tragédienne grecque venant de voir son amant partir dans le royaume des morts.

- C’est pas auteur de romans policiers que tu aurais dû être, c’est comédienne, déclara Marie avec un grand sourire.

- Oui, je suis la Sarah Bernhardt des temps modernes et d’ailleurs je vais recevoir le César du premier rôle dans « Il m’a quittée cet abruti ».

Les deux femmes se mirent à rigoler et à trinquer.

- À nous ! déclarèrent-elles en levant leur verre.

- Bon ! C’est pas tout mais je t’emmène au resto ce soir ! dit Marie en grignotant un gressin.

- Tu rigoles ! Je suis en retard sur le planning et Josiane n’arrête pas de me phoner pour savoir où j’en suis !

- Écoute ma belle, tu n’es pas une vache à textes, tu as besoin de te distraire et j’ai besoin de te raconter mes péripéties romaines.

- Tu veux pas que je fasse cuire quelques pâtes ? Comme ça on se croirait en Italie, non ? demanda Romane en reposant son verre.

- Je n’ai pas envie de faire la popote, ni que tu fasses la popote, donc aucune objection n’est autorisée. Conclusion : on va chez notre copain Akim se manger un bon couscous royal.

- Ok ! Alors je te propose ceci : on finit notre verre, je prends une douche et je te rejoins au resto ok ??

- Tope-là ma belle, répondit Marie en vidant son verre.

Elle se leva et se dirigea vers la porte d’entrée qui maintenant devenait la porte de sortie !

- Tu me fais pas poireauter une heure, j’ai faim, le whisky m’a ouvert l’appétit.

- T’inquiète, je vais prendre la douche la plus express qui soit.

Romane était contente que Marie soit revenue. Enfin un peu de fantaisie dans ce monde de brutes, pensa-t-elle en souriant.

Trois quarts d’heure plus tard, une magnifique rousse aux cheveux longs, au visage doux et d’une grande beauté, vêtue d’un jean et d’un blouson en cuir vert, entra dans le restaurant.

Le serveur accourut vers elle.

- Bonsoir ma gazelle. Marie a déjà bu le cocktail de bienvenue.

- Encore ? Mais elle n’arrête pas !

- Viens ma belle, je t’accompagne vers la tentatrice !

Akim prit le bras de Romane. Le couple se faufila entre les tables et s’arrêta devant la table 13.

- Grand merci, chevalier, dit Romane en s’installant à la table.

- Te voilà enfin ! Je crois que j’ai un peu trop bu ce soir, mais on s’en fiche, non ? On habite à côté, et je suis sûre qu’Akim nous escortera afin que nul ne nous embête, hein ? demanda Marie d’une voix un chouia pâteuse.

- C’est sûr ! Tu as choisi ? demanda Romane.

- Couscous royal, et toi ?

- Ben, je sais pas trop, il y a des nouveautés ?

- Oui, ma gazelle, un cadeau pour toi.

- Ouaou ! je suis jalouse, rétorqua Marie.

Akim prit un menu dans la poche de son tablier et le tendit à Romane.

- Tiens ma gazelle, pour que tu n’aies besoin de personne.

Romane prit le menu, ses doigts glissèrent sur les points en braille, une larme coula sur sa joue.

Giselle GIRAUD

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