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L’invisible du visible, l’expo qui tombe sous le sens

 

C’est une exposition unique qui s’est déroulée, samedi 20 mai dans les locaux de l’UNADEV de Boulogne-Billancourt, organisée par 4 jeunes étudiantes. « L’invisible du Visible » a proposé aux visiteurs, une découverte des peintures de Edgar Degas, sous un autre angle. Une sorte de réinterprétation sensorielle. Quand les parfums, la sculpture, la gastronomie et les mélodies deviennent des vecteurs de découverte artistique …

« L’invisible du visible est un projet qui est né d’une réflexion sur l’omniprésence de l’art visuel face à une accessibilité réduite pour les personnes atteintes d’un handicap visuel. Cet événement s’engage pour une culture pour tous. Il met sur un pied d’égalité les voyants et les déficients visuels en créant un événement familial accessible à tous. »  explique Astrid étudiante, à l’origine du projet. 

Un musée éphémère, des œuvres uniques

Pour réaliser cette exposition, plusieurs artistes bénévoles, d’horizons différents ont rejoint le projet. Chacun des artistes, musiciens, sculpteurs a, pour cette occasion, réalisé une œuvre originale. Le but ? S’adresser aux sens, aux émotions des visiteurs et leur permettre de découvrir autrement que de façon descriptive les tableaux de Degas… une nouvelle approche de l’art.

La peinture à l’huile « Une femme assise à côté d’un vase de fleurs » a par exemple été proposée aux visiteurs sous plusieurs formes. Pour ce tableau actuellement exposé au  Metropolitan Museum of Art de New York, le parfumeur a créé une fragrance aux notes fleuries légèrement surannées voire poussiéreuses. Les musiciens ont quant à eux entonné la douce et mélancolique mélodie d’un « Jardin d’hiver » d’Henri Salvador.

 

Ce tableau représente une femme, pensive, accoudée sur une table, à côté d’un imposant bouquet de fleurs.

Une femme assise à côté d’un vase de fleurs. Edgar Degas

ette femme nue est représentée accroupi en appui sur sa main gauche dans une bassine en métal, un tub, en train de se frotter le cou avec une éponge qui vient presque se confondre avec sa chevelure rousse. Sur le côté droit de l’œuvre, plusieurs ustensiles de toilettes sont visibles : une brosse, une paire de ciseaux, des extensions de cheveux ainsi que deux carafes

Le Tub, pastel sur carton, Edgar Degas.

« Le Tub » pastel sur carton conservé au musée d’Orsay est l’œuvre qu’a choisie la sculptrice Quitterie Ithurbide pour exprimer tout son art. Dans le tableau original, une femme nue prend son bain dans une bassine en métal appelée tub. Ici, on pouvait toucher les contours de ce corps, apprécier les matières, découvrir des détails des objets de toilette et parfois pour certains non-voyants « percevoir la lumière ».

Des dégustations de madeleines légères au doux parfum d’enfance illustraient « La classe de danse » et des petits beignets orientaux venaient réinterpréter « Jeune femme avec Ibis ».

L’accessibilité : un art majeur !

Pour Astrid et ses trois camarades étudiantes en master Culture et Communication, il était essentiel que leur projet culturel de fin d’études soit avant tout utile. C’est donc en réfléchissant au problème de l’accessibilité à l’art pour les mal et non-voyants, que l’idée leur est venue de proposer cette exposition atypique.

Le peintre impressionniste Edgar Degas a quant à lui été choisi par la spécificité de son œuvre. Des tableaux centrés sur les intérieurs qui se prêtaient merveilleusement bien à l’expérience. Cette exposition est aussi un hommage, pour célébrer le centenaire de sa mort.

Des visteurs dégustent des madeleines "réinterprétation de la classe de danse".

Des visiteurs découvrent avec délectation le tableau « La classe de danse »

Découverte par une bénéficiaire assise, d'une sculpture comme un tableau en relief du Tub de Degas.

Une bénéficiaire découvre avec émotion le tableau de « Le Tub » de Degas sculpté.

Ce sont donc près d’une cinquantaine de personnes qui ont eu la chance de découvrir cette exposition, des déficients visuels et des voyants invités à partager l’expérience munis de bandeaux occultants. Si la plupart des visiteurs sont venus par curiosité, un grand nombre en est ressorti bluffé ! L’univers de Degas leur est devenu plus clair, plus touchant. Les œuvres ont suscité des émotions, le pari est réussi.