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Maria-Gabriela, malvoyante, participe à « Questions pour un champion »

 

Maria-Gabriela, malvoyante et bénéficiaire à l’UNADEV, a participé le 18 mars à l’émission « Questions pour un champion » spéciale langue française. Nous l’avons interrogée sur son parcours et vous allez découvrir une professeure de Français au tempérament de battante. Le replay de l’émission se trouve tout en bas de notre article, si vous souhaitez découvrir sa participation.

4 candidats de Questions pour un champion posent lors de l'émission du 18 mars 2017

Maria-Gabriela (en vert, 2ème en partant de la gauche) et les autres candidats lors de l’émission du 18 mars 2017

Comment en êtes-vous venue à participer à cette émission ?

En 2006, j’ai vu, dans la presse argentine, que la production de « Questions pour un Champion » cherchait des candidats en Argentine pour venir tourner l’émission en France.  A l’époque, j’habitais à 800 kilomètres de la capitale et j’ai fait le déplacement rien que pour jouer. J’ai eu la chance d’être sélectionnée avec trois autres compatriotes et nous avons tourné une émission quotidienne dans le plateau parisien que j’ai remportée et qui m’a permis de passer en finale. 

Quant à l’émission du 18 mars dernier,  il s’agissait encore d’une spéciale langue française où j’ai représenté l’Argentine. L’invité d’honneur était Bernard Pivot et nous étions 5 pays en compétition.

Comment avez-vous vécu votre participation ?

Pour moi c’est du bonheur car j’apprécie beaucoup les moments de partage avec d’autres cultures. Quant à mon résultat de samedi dernier… On va dire que certains sont plus rapides, d’autres ont plus de connaissances… J’ai perdu, mais c’est un jeu ! Sinon, l’émission m’a permis de parler de deux aspects personnels qui me tenaient à cœur. Côté famille, suite à mon passage à l’émission en 2006 un spectateur bordelais m’a envoyé un mail. On est tombés amoureux, il est parti me voir en Argentine et m’a « rapatriée » en France. Nous sommes mariés et nous avons une petite fille de cinq ans. Et plus profondément, c’était important pour moi de mentionner les associations qui aident les personnes déficientes visuelles comme l’UNADEV, qui font beaucoup pour nous.

Comment est survenue votre malvoyance ?

J’ai un glaucome congénital bilatéral. J’ai été opérée quand j’avais 5 mois des deux yeux et à 5 ans de l’oeil droit. A cela s’est ajouté il y a 2 ans un décollement de la rétine. Je suis monophtalme et la lumière me gêne beaucoup.  C’est un parcours difficile mais j’essaie de rester positive et de profiter de ce que j’ai encore. 

En Argentine, je me suis rendue compte que mon handicap ne se remarquait pas beaucoup, un handicap dit invisible. Aussi parce que je faisais en sorte de vivre « normalement », j’ai toujours essayé de m’adapter.

Le handicap est un combat quotidien (pour les démarches MDPH, pour pouvoir bénéficier d’une aide en locomotion que j’attends toujours…), mais heureusement les réseaux associatifs et médicaux en France sont assez bien structurés et complémentaires. J’essaie de ne rien lâcher.

 

Maria-Gabriela posant avec Samuel Etienne lors de l'émission

Maria-Gabriela posant avec Samuel Etienne, le présentateur de « Questions pour un champion »

 

Votre CV est impressionnant, pouvez-vous nous en dire plus ?

Arrivée en France en 2007, j’ai été lectrice et ATER d’espagnol dans deux universités (Bordeaux 3 et l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). J’ai vite compris qu’il fallait passer des concours. Depuis 2012, je suis professeur certifiée (PRCE) biadmissible au Département d’Etudes de Français langue étrangère (DEFLE) de l’Université Bordeaux Montaigne. J’y enseigne le FLE, le français langue étrangère, à un public venu du monde entier, dans le cadre des diplômes universitaires d’études de langue française (DUEF). En parallèle, j’ai été élue à la Commission de la Recherche de l’Université Bordeaux Montaigne en février 2016 pour représenter mes collègues.

Ma formation universitaire, je l’ai commencée en Argentine où j’ai obtenu, d’abord, un Master 2 Enseignement FLE en 1999, puis un Master 2 Recherche en Langue et Littérature Françaises en 2001. Aujourd’hui, je suis doctorante à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Ma thèse porte sur « La presse et l’événement : le cas des voyages des présidents français en Argentine, De Gaulle, Mitterrand et Chirac ».

Cela fait 18 ans que j’enseigne le français et ma passion reste intacte. J’adore mon métier.

Quelles sont les adaptations nécessaires dans votre quotidien professionnel ?

J’ai bénéficié d’un aménagement de poste. Je tiens d’ailleurs à remercier le Pôle Handicap de l’Université Bordeaux Montaigne qui m’a toujours soutenue, notamment Madame Violaine Lafourcade et Madame Pauline Pinto. J’utilise par exemple un télé-agrandisseur pour consulter des documents, notamment pour les archives de presse dans le cadre de ma thèse. Je dis franchement à mes étudiants que je suis malvoyante.  

Sinon, je ne peux plus assurer certaines tâches comme la surveillance d’examens car c’est un peu délicat.

Quels sont vos liens avec notre association ?

Avec mon emploi du temps, il m’est difficile de venir participer aux activités. J’espère pouvoir venir prochainement au Centre régional de Bordeaux pour faire découvrir l’Argentine, sa culture, autour de plats argentins notamment, à d’autres personnes malvoyantes ou aveugles.

Découvrez ici le replay de l’émission du 18 mars ! L’UNADEV y est citée par Maria-Gabriela à 20 min 40 sec depuis le début.

Un grand merci à Maria-Gabriela pour son témoignage.