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Sport pour les personnes déficientes visuelles : bienfait n°1

 

Que l’on soit en situation de handicap ou non, il est communément admis que le sport est positif pour notre santé et pour notre bien-être : prévention des maladies, longévité, condition physique… Mais connaissez-vous les bienfaits spécifiques du sport pour les personnes déficientes visuelles ?

Nous vous en parlerons au fil des mois à travers une série d’articles. Zoom sur un premier bienfait.

 

Bienfait n°1 : améliorer ses actions motrices fondamentales

Le sport permet de favoriser la construction des actions motrices de base : la locomotion (se déplacer), la coordination et l’équilibre. Or, elles sont primordiales pour les personnes déficientes visuelles. Selon les sports, certaines fonctions et zones seront sollicitées et pourront être améliorées.

Le sport permet également de solliciter les repères spatiaux et de travailler sur les déplacements. Au tennis par exemple, ce point est primordial. Le joueur doit être en capacité de se déplacer sur l’ensemble du court et de se replacer entre chaque point. Des repères et un schéma sont pris par chaque joueur pour réussir à effectuer ces actions. L’ensemble de ces points permettent à la personne déficiente visuelle de travailler et s’améliorer sur ces déplacements.

 

Deux joueurs de blind tennis

Deux joueurs de blind tennis

Joueurs en action lors d'un match de cécifoot

Lors d’un match de cécifoot

Dans le cécifoot, il y a une diversité de mouvements et de déplacements à effectuer lors des phases de jeu. On sollicite beaucoup les jambes, pour trouver le ballon, faire des passes et tirer. L’utilisation des bras est importante lorsque les joueurs se rapprochent de repères fixes tels que les barrières et le buts, afin de s’orienter et se positionner. De même lorsque le joueur est près d’un adversaire, d’un arbitre ou partenaire, il utilise ses bras afin d’éviter un choc, ou au contraire se rapprocher de manière maîtrisée.

Toutes ces actions motrices dites fondamentales, au-delà du sport, peuvent largement aider la personne dans sa vie quotidienne.

Certains sports permettent de travailler l’équilibre et la posture de l’ensemble du corps. On constate souvent que les personnes déficientes visuelles ont pris l’habitude de se tenir avec le haut du corps en avant, légèrement voûtées. L’aviron les aide à redresser leur corps. Dans le cécifoot, les différents changements de direction impliquent constamment une recherche d’équilibre et de stabilité.

 

Marc, non-voyant pose sur un aviron

Marc, non-voyant adhérent de l’UNADEV et son co-équipier, lors de l’entraînement d’aviron

 

Par ailleurs, dans l’aviron, de la posture de la personne dépend l’équilibre tout entier du bateau. On voit que les repères visuels ne sont donc plus une nécessité pour construire son équilibre mais c’est bien sa propre posture et son ressenti qui jouent sur l’équilibre.

D’autres sports permettent d’améliorer les actions motrices : le bip baseball, la danse, le torball…

 

Le témoignage de Marc, non-voyant, qui pratique l’aviron

Marc est adhérent à l’UNADEV depuis les années 80, au centre régional UNADEV de Bordeaux. Malvoyant jusqu’à l’âge de 14 ans, il perd peu à peu la vue jusqu’à devenir non-voyant. C’était sans compter sa curiosité du monde environnant et la pratique de diverses passions, un dynamisme au quotidien qu’il cultive, en prenant la vie du bon côté.

J’ai vite compris que pour m’intégrer dans la société, il me fallait passer par le sport.

 

Parle-nous de ta relation au sport

« J’ai toujours aimé le sport car j’étais assez tonique, pour ne pas dire turbulent lorsque j’étais jeune. J’ai aussi vite compris que pour m’intégrer dans la société, il me fallait passer par le sport. Mais ce n’est pas mon seul loisir ! En dehors de l’association je fais aussi de la musique, je joue notamment de la basse, de la guitare et du piano. J’ai suivi des formations à la Rock School Barbey à Bordeaux. Pour moi, faire du sport c’est aussi améliorer l’image des personnes déficientes visuelles, montrer qu’on peut avoir une vie comme les autres, et sortir des clichés sur les aveugles que la société peut véhiculer. »

Quels sont les sports que tu pratiques avec l’UNADEV ?

« Je fais de l’aviron tous les vendredi après-midi (avec le groupe de l’UNADEV et Sophie, éducatrice sportive à l’association). Je pratique aussi le ski, le roller, le wakeboard, du quad, bref toutes les disciplines que je peux, que ce soit avec l’UNADEV ou d’autres organismes. »

 

Marc sur l'aviron

Marc sur l’aviron

Marc, non-voyant, fait de l'aviron sur le Bassin d'Arcachon

Marc pratiquant l’aviron à Arcachon en binôme

Quels bienfaits ressens-tu en pratiquant l’aviron ?

« Je n’aime pas le travail en salle. L’aviron une discipline en extérieur, on a un sentiment de liberté très agréable. Nous le pratiquons à Arcachon, avec le Club local. Je peux ramer avec une personne valide et ça, c’est très important parce que nous formons une vraie équipe. Nous sommes deux à ramer sur le bateau et cela a vraiment du sens. Ce n’est pas la personne valide qui emmène la personne déficiente visuelle avec elle, mais un binôme qui fait avancer le bateau.

L’aviron me permet d’améliorer ma condition physique, ma posture car on ouvre le haut du corps et cela aide à se tenir droit, souvent les personnes déficientes visuelles se tiennent voûtées. Il y a d’autres bienfaits comme l’appareil locomoteur qui est sollicité à 80%, l’endurance, le travail en ligne. »

Que retiens-tu de cette expérience ? Un message que tu voudrais faire passer ?

« J’aimerais souligner que le Club d’aviron d’Arcachon nous a parfaitement intégrés, accueillis à bras ouverts. Une mise en confiance qui fait du bien, d’autant que c’est un Club réputé. On partage un moment convivial. Je suis très content que le sport s’ouvre à des pratiques pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Cela permet d’améliorer notre image. Si par exemple demain je fais de l’aviron avec un chef d’entreprise, et que je recherche un emploi, en lui envoyant mon CV il n’aura pas la même image de moi que s’il ne me connaissait pas. Il me considérera différemment.

Nous participerons à une régate le 11 mars prochain à Arcachon (course entreprises le matin et aux couleurs du Club d’Arcachon l’après-midi) : j’ai hâte d’y être ! »