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La recherche médicale : des innovations qui font rêver

 

La chirurgie micro-invasive du glaucome : une révolution !

Le glaucome est une maladie de l’œil qui détruit progressivement le nerf optique, généralement sous l’influence d’une pression trop importante exercée par le liquide intraoculaire qui ne s’évacue plus convenablement. En cause, une altération d’origine génétique du filtre (trabéculum) qui en assure normalement l’écoulement, et qui ne remplit plus sa fonction. Si l’atteinte visuelle causée par la maladie touche d’abord la périphérie du champ visuel, elle s’étend progressivement vers son centre et évolue jusqu’à la cécité ; le glaucome est aujourd’hui la première cause de cécité totale dans les pays développés.

La chirurgie filtrante, un dernier recours complexe et rarement satisfaisant

Dans le glaucome à angle ouvert, forme la plus fréquente de la maladie, on cherche d’abord à soulager la pression qui détruit progressivement les cellules nerveuses du nerf optique à l’aide de collyres. En cas d’insuccès ou de perte d’efficacité de ce premier traitement, une intervention au laser est envisagée. Si les résultats ne donnent pas satisfaction, en dernière intention, une chirurgie filtrante peut être réalisée. « Cette dernière méthode » précise le Professeur Florent Aptel, praticien spécialiste de la chirurgie du glaucome, de la cataracte et de la cornée au CHU de Grenoble, « vise à décomprimer l’œil en créant une « petite soupape ». Dans les cas où collyres et laser ne donnent plus de résultats, elle est la procédure de choix. Toutefois, c’est une chirurgie complexe dont les résultats sont peu prédictibles et peuvent ne pas être satisfaisants sur le long terme, d’autant plus que l’un de ses effets secondaires est la diminution de l’acuité visuelle et que le risque de complication n’est pas négligeable. Pratiquée depuis le début des années 70, cette chirurgie n’a pas beaucoup évolué depuis, elle requiert hospitalisation d’au moins trois jours. »

Les drains et la chirurgie micro invasive : une « innovation de rupture » qui redéfinit la prise en charge chirurgicale du glaucome !

Dans ce contexte, la chirurgie micro invasive, qui permet d’évacuer le liquide intraoculaire via la pose d’un micro-drain, a tout d’une avancée thérapeutique majeure. « On peut parler d’innovation de rupture », confirme le Professeur Aptel : « S’il est vrai que les drains existent depuis une dizaine d’années, ils n’étaient pas aboutis et ne pouvaient être proposés à tous. Aujourd’hui ils le sont, et associés à une chirurgie qui peut se réaliser en ambulatoire, sous anesthésie locale, ils permettent une importante réduction des complications associées à la chirurgie conventionnelle et une récupération visuelle bien plus rapide. Cette technique peut intervenir en deuxième intention, après une chirurgie filtrante qui n’aurait pas donné des résultats satisfaisants, mais aussi en première intention ; c’est l’avenir de la prise en charge du glaucome, et nous espérons qu’elle remplacera progressivement toutes les autres chirurgies ».

La question du remboursement, une clé pour l’accessibilité

Pour le moment, seuls les plus gros CHU de France posent ces nouveaux drains, de nombreux établissements étant contraints d’en freiner l’utilisation par défaut de financement. « Mais cela évoluera », assure le Professeur Aptel : « dans la plupart des pays européens ils sont déjà remboursés et la France ne saurait rester à la traîne en continuant d’encourager des chirurgies dépassées, alors même qu’une nouvelle technique, plus efficace et mieux tolérée, est devenue la norme chez nos voisins. Les associations de patients sont d’ailleurs très mobilisées sur le sujet ».

Imagerie et médicaments : là aussi, la recherche avance

  • De nouvelles technologies, comme le balayage au laser et l’optique adaptative qui permettent respectivement d’observer un trabéculum obstrué et de discerner la perte de quelques fibres nerveuses sur les 1,5 million que compte un nerf optique, rendent possible la détection très précoce de la destruction des cellules nerveuses et renseignent sur les mécanismes de la maladie.
  • De nouveaux collyres mieux tolérés sont désormais disponibles grâce à l’identification par des travaux de recherche en toxicologie des substances à l’origine des effets indésirables fréquemment rencontrés par les patients.
  • Une équipe de l’Inserm a récemment montré que le glaucome est associé à une inflammation locale induite par une molécule particulière. En bloquant l’action de cette molécule chez des rats présentant une hypertonie oculaire, les chercheurs sont parvenus à restaurer l’écoulement normal de l’humeur aqueuse, à diminuer la pression intraoculaire et à protéger la fonction visuelle de ces animaux. Ces résultats sont très prometteurs et ouvrent la voie à l’évaluation d’un nouveau traitement chez l’homme.

Réparer le nerf optique, un fantasme ?

Si à ce jour les traitements ne permettent pas de réparer les dommages causés par le glaucome au nerf optique, plusieurs équipes de recherche travaillent dans ce sens et ont déjà démontré de façon expérimentale que certaines molécules présentent un potentiel neuroprotecteur prometteur.

 

Retrouvez l’intégralité du dossier sur la recherche médicale dans notre magazine Lumen #8.